Publié à la base dans le numéro 4 de la revue Première ligne

Le projet a la base de ce texte, Correspondances allemandes, a débuté un an avant Première ligne. On voulait traduire des récits, des archives, des textes de réflexion et faire l’histoire de tout un corpus militant qui demeure encore aujourd’hui peu diffusé autour de nous.

Pourquoi l’Allemagne ? Parce qu’on connaissait la langue, tout simplement. On s’est dit qu’au sein de l’extrême-gauche, la traduction devrait être chose courante, une affaire banale : il n’y a rien de mieux pour appréhender l’impensé de notre propre tradition que de la confronter à une autre. Et puis, il serait temps que les militant·e·s au Québec se confrontent à d’autre chose qu’aux traditions françaises et canadiano-américaines − répétées et combinées en alternance, rejouant un schéma de pensée natio de façon un peu obsessive − et amènent dans l’espace de la discussion des réalités qui nous sont méconnues.

Ces correspondances sont donc une invitation à une pratique de la traduction renouvelée. Une traduction patiente qui prend le temps de retracer le fil des récits, les différents concepts, une traduction qui, espérons-le, pourra se rendre plus loin que l’Europe de l’Ouest où nous nous arrêtons aujourd’hui et nous informer sans image d’Épinal au sujet des luttes que nous ignorons dans les pays dominés par l’impérialisme. L’internationalisme est à faire, c’est un horizon d’expériences à construire pour tracer de nouveaux parallèles ; c’est plus qu’une pétition de principe. Alors commençons maintenant à partir (loin) de ce qu’on connaît.

Dépassée l’autonomie ?#

L’autonomie allemande s’est constituée dans les anneés 1980 après le tentatives ratées de fondation de partis marxistes-léninistes (les K-gruppen) et l’échec de la RAF (Fraction armée rouge). L’autonomie1 a fleuri et s’est développée en valorisant une « politique à la première personne » caractérisée par le refus des organisations, de la représentation, niant ainsi la période qui la précédait. Pour les autonomes, ce qui importait alors était l’action insurrectionnelle, la révolte dans la rue et contre le pouvoir, les campagnes politiques qui pouvaient se transformer en débordement général. Son rôle dans le mouvement des squats fut tout à fait exemplaire. Mais c’est certainement dans le mouvement anti-nucléaire allemand qu’elle trouva son meilleur allié. C’était un mouvement citoyen écologiste qui s’opposait à la construction de nouvelles centrales2. Et, plusieurs années avant le début de l’altermondialisme, l’autonomie menait déjà un projet de « radicalisation » des mouvements sociaux et citoyens en transformant les défilés écologistes en vrai champs de bataille, en détruisant systématiquement – chaque dimanche à vrai dire – de la machinerie à l’aide de cocktails molotovs et en participant de façon diffuse, à l’aide de réseaux et de jeux d’influence, à la mise en place de vastes campagnes débouchant sur des moments émeutiers importants et menant à l’apparition des premiers « Schwarze bloc », des premiers black blocs pensés comme une tactique diffuse de manifestation.

Telle est la préhistoire du débat qui nous intéresse aujourd’hui3. Seulement, à partir des années 1990, l’autonomie commence à s’essouffler. Les manifestations se suivent et se ressemblent sans que les autonomes ne parviennent à hausser le niveau de conflictualité et, bien que certaines nouvelles personnes rejoingent le mouvement autonome, notamment dans la foulée des luttes antifascistes, le modèle d’activisme et d’action proposé par les « autonomes non-dogmatiques » semble être devenu une espèce de recette magique pour que des gens se maintiennent dans un certain mode de vie alternatif. Critiquant les limites du mouvement, certain·e·s commencent alors à développer une réflexion entourant le dépassement des limites de l’autonomie, à penser à ce que pourrait être une « post-autonomie ». Les premiers moments du débat entourant la post-autonomie paraissent dans le journal intérim, le bulletin hebdomadaire des autonomes et sa petite place publique. C’est ce qu’on appelera le « Heinz Schenk Debatte », du nom d’un présentateur télé ringard qui ne cessait de partir en tournée, en « campagne », à travers toute l’Allemagne. On comprendra que la question de la pertinence de s’investir dans la « forme campagne » était au centre de ce débat. Suite à ce moment charnière, les partisans de la critique de la forme campagne se rassemblent en un groupe qui portera le nom de Für eine Linke Strömung (FeLS), qu’on peut traduire par « Pour un courant/une turbulence de gauche », nom visant à réfléter la difficulté à se situer clairement et à indiquer positivement leur position dans la gauche.

Le texte présenté dans la prochaine section est tiré du numéro 4 de la revue Arranca de FeLS parue en 1994. C’est un document d’un grande franchise sur les difficultés et les problèmes de l’organisation. Il prend la forme figée d’un questionnaire auquel finalement FeLS est le seul à avoir répondu. C’est la trace d’une discussion qu’on aurait voulu plus large, qui aurait pu avoir lieu, mais qui a été abandonnée en cours de route… Bref, c’est un document d’actualité.

Sept questions sur le processus d’organistion – Arranca #4#

Le texte suivant a été rédigé en 1993 dans le contexte de discussions sur l’organisation. Suite à notre invitation parue dans le numéro 0 d‘Arranca, dix groupes se sont réunis à Berlin à la mi-mai lors de la Pentecôte 1993. Durant ce premier week-end difficile et ardu, nous avons convenu de formuler collectivement huit questions fondamentales pour la prochaine rencontre en septembre 93.

D’une part, cela devait servir à clarifier le contenu ; grâce à ces contributions, les différents groupes devaient apprendre à mieux se connaître. D’autre part, ces documents devaient servir de base à une entente générale que nous comptions publier (une sorte de plateforme organisationnelle réduite). La discussion sur les différents documents (entre-temps sur des questions formulées différemment) s’est toutefois poursuivie sans fin. Les contradictions au niveau du contenu étaient énormes. Au centre de nos discussions, nous retrouvions l’envie pressante de voter un programme et de créer ainsi une organisation. Or, l’accord sur le contenu ne peut jamais constituer à lui seul la base d’une organisation de gauche, si on ne se regroupe pas en même temps sur la base d’une expérience pratique commune. Cette tentative nous l’a montré une fois de plus très clairement. Sans se confronter avec le concret, il se produit quelque chose qui n’est pas souhaitable : la structure devient une tête vide et le programme prend la place du processus de transformation réel dans la pratique.

Il est certainement inopportun de publier un tel texte de discussion de débat sur l’organisation presque un an après les faits, alors que nous ne nous identifions plus nous-mêmes à l’approche ayant mené à la rédaction du présent texte. Initialement, nous voulions publier les sept questions suivantes en septembre 93, nous avons attendu après une publication commune, mais celle-ci n’a pas eu lieu en raison des divergences d’opinion. Nous pensons néanmoins que la publication du texte suivant est utile. Les points présentés, légèrement remaniés, restent pour nous fondamentaux dans la réflexion entourant le processus d’organisation, c’est-à-dire qu’ils sont des critères pour appréhender notre représentation approximative de ce qu’est une organisation de gauche et de ce qu’est sa politique à moyen terme. Et puisque nous continuons à travailler à l’émergence d’une telle organisation, ce texte doit être considéré comme une proposition de discussion.

1. Quelles sont les stratégies politiques que nous jugeons utiles ? Comment les conditions sociales peuvent-elles être modifiées dès aujourd’hui dans le cadre des conditions existantes ?#

« Prise de pouvoir »#

Dans Arranca n° 0, nous nous sommes distingués de manière critique des stratégies révolutionnaires léninistes (Voir les “38 thèses”). Nous défendions l’idée que ces stratégies —  suivies non seulement par les partis communistes, mais aussi par la plupart des groupes « néo-gauchistes » — limitent « la révolution à la prise du pouvoir politique et à la nationalisation de la propriété privée ». Nous disons également que « le concept de révolution du PCUS (et donc aussi des partis communistes ultérieurs, par exemple le PC de Cuba) n’a qu’un rapport superficiel avec une véritable transformation sociale. La prise de pouvoir du gouvernent en tant que telle ne remet pas en question les rapports sociaux. La révolution est un processus vaste et constitutif de l’expérience des sujets et de changement radical de toutes les sphères de la vie ; ce n’est pas seulement la destitution du gouvernement et la socialisation de la propriété privé. La révolution est un processus de longue haleine où on ne peut clairement tracer un début et une fin. »

La conclusion de cet article disait que la prise de pouvoir est donc un élément « nécessaire, mais pas suffisant » d’un processus révolutionnaire.

« Déterminisme »#

Deuxièmement, nous nous sommes opposés à la tradition déterministe de la gauche, selon laquelle l’histoire est pourrait-on dire « décidé d’avance ». Dans cette vision du monde, les différentes formations sociales (féodalisme, capitalisme, socialisme, communisme) se succèdent mécaniquement, le développement des forces productives conduit automatiquement au stade supérieur et les êtres humains ne sont que les exécutants d’une histoire déjà écrite. Le déterminisme n’était pas seulement le cheval de bataille du marxisme soviétique, il a été suivi par les courants les plus divers de la gauche : la social-démocratie le défendait et justifiait ainsi sa stratégie de « croissance progressive vers le socialisme » ; les Spontis4 et les communistes de conseils s’attendaient à ce que les conseils ouvriers introduisent d’eux-mêmes le socialisme (le capital engendrant sa contradiction — le prolétariat — qui le supprimera) ; et les léninistes, enfin, justifiaient leur rôle d’avant-garde par le déterminisme de l’histoire : l’histoire suit une vérité, la vérité peut être découverte scientifiquement et finalement mise en œuvre par l’avant-garde, c’est-à-dire les communistes organisées. Les trois formes de déterminisme ont donc, selon nous, la même racine, et nous retenons peu de ces trois conceptions.

Les conséquences pour notre stratégie politique sont les suivantes : notre conception de l’organisation ne pas seulement se concentrer sur le champ du pouvoir politique, mais doit investir aussi, dès maintenant, les autres champs de transformation nécessaires. De tels objectifs, qui n’ont guère été poursuivis par les partis léninistes ou seulement de manière instrumentale, sont nombreux :  le développement de rapports égalitaires, l’émergence d’une culture quotidienne solidaire, l’institution d’autogouvernements, la destruction de l’oppression patriarcale, la suppression de la division hiérarchique du travail, etc.
 

Dans l’ensemble, une telle stratégie de bouleversement implique plus qu’une simple confrontation frontale avec un ennemi clairement localisable. L’oppression n’a pas qu’un seul centre et une seule racine. C’est pourquoi la conquête progressive et discrète d’ancrages dans la société est aussi importante pour former un contre-pouvoir venu d’en-bas que la confrontation spectaculaire avec la police ou les autorités publiques. Pour une acquisition progressive de nouvelles positions stratégiques, pour la naissance d’un contre-pouvoir révolutionnaire, il faut que nous, en tant que gauchistes, ne nous contentions pas d’ « agir » dans les centres culturels, les écoles, les entreprises, les quartiers, mais que nous y travaillions réellement.

 Pour ne pas être absorbé par les institutions — rappelons-nous la grande marche à travers les institutions des soixante-huitards qui a achevé nombre d’entre eux, mais certainement pas le système —, il est nécessaire de renforcer le lien organisationnel entre les personnes actives. L’organisation politique à laquelle nous aspirons n’est qu’une partie de ce lien. Les mouvements culturels et sociaux, les journaux, les forums de discussion, l’animation des quartiers, les amitiés, etc. peuvent garantir un assouplissement des frontières entre le travail antifa, les éducatrices populaires et progressistes, les actions militantes, les groupes de femmes, les initiatives d’immigrées, etc. Moins une personne est isolée dans les institutions, plus elle est difficile à intégrer dans le système. La condition préalable à un engagement au quotidien qui ne se termine pas par le réformisme est donc l’organisation et la participation aux luttes politiques.  Rassembler des milliers de personnes dans les rues pour des campagnes sans ancrage réel n’a pas beaucoup de sens ; de même, s’impliquer, par exemple, en tant qu’individu de gauche dans un projet culturel, pour développer un ancrage local, sans participer aux conflits politiques, mène à un absence de perspective politique.

Notre conception de l’organisation politique n’est pas celle d’une avant-garde. Il n’y a pas de chemin préétabli vers la libération, et encore moins de « raison dans l’histoire » à laquelle nous pourrions nous référer. Différentes voies sont envisageables, différentes approches — qu’il s’agisse de groupes/organisations politiques, de mouvements sociaux ou d’initiatives locales — doivent être traitées avec respect. Il est dommageable de chercher à les marquer chaque fois avec son empreinte.

Également, il est indispensable de pas attendre que les contradictions se résolvent « d’elles-mêmes ». Nous attendons d’une organisation politique qu’elle prenne des responsabilités dans la société, qu’elle dynamise les processus et qu’elle serve de point de repère aux nombreuses initiatives dispersées. Elle doit bien sûr proposer différentes alternatives à ce qui existe et tenter ainsi d’indiquer des directions.

Stratégiquement cela signifie pour l’organisation que nous voulons mettre en place :

  • Que les autres formes de combat doivent être reconnues ;

  • Qu’il faut développer un regard dépassant la seule gauche politique : de nombreux projets, diffamés avec mépris comme relevant du « travail social » ou totalement ignorés, ont le potentiel de devenir une part importante d’un contre-pouvoir social. Nous devons nous efforcer de multiplier les échanges avec ces personnes et ces projets.

  • Que nous devons formuler des offres de collaboration sur des questions concrètes ou des offres d’organisation au plus grand nombre possible de personnes qui sont actives dans les luttes d’émancipation et/ou à gauche de manière diffuse et isolée. Nos projets doivent toujours être suffisamment ouverts pour que l’on puisse s’y « accrocher » et y participer à partir de différents domaines.

  • Que les offres que nous faisons ne doivent pas avoir l’effet ni être comme celles des organisations des partis marxistes-léninistes. Les ML proposent souvent des offres ouvertes d’alliance, par exemple une alliance contre le fascisme, mais ils ne le font que pour recruter. Ils se limitent renforcer uniquement leur organisation en personnel et dans l’arène politique. Une alliance dans laquelle on se réserve le rôle d’avant-garde ou de leader n’est pas une alliance !

« Réformes »#

Nous sommes favorables à des changements dans le système existant s’ils améliorent les conditions de lutte ou les conditions de vie réelles (par exemple la santé au travail ou la situation dans les prisons). En ce sens, nous pouvons être favorable à des réformes. Contrairement à ce que nous avons formulé il y a un an, le terme de « réformes », compris comme changement institutionnalisé par l’État dans le cadre de lois, etc. est particulièrement inapproprié.

Il est vrai — comme nous l’avions alors soutenu — que les réformes ont très souvent un caractère ambivalent, c’est-à-dire qu’elles représentent un compromis entre les revendications émancipatrices d’en bas et les contraintes de modernisation d’en haut. (Toute la vague de réformes en réaction au mouvement de 68 porte ce double visage : par exemple, la réforme de l’éducation a entraîné à la fois une libération des apprenants et leur individualisation dans les universités de masse.) D’un autre côté, il est cependant peu réaliste de parler aujourd’hui de possibilités de réforme. Face à la faiblesse des mouvements émancipateurs d’en bas et à un fort besoin de modernisation de la société capitaliste, les projets de réforme des Verts et des Socialistes portent des visions du monde aussi sinistres que celles qu’on retrouve dans la réalité conservatrice. Il ne s’agit pour l’instant que d’aspects du renouveau capitaliste. Le projet des « rouges-verts » prévoit, par exemple, le travail forcé pour le bien commun écologique.

Les « changements dans l’état des choses » ne sont donc pas aujourd’hui de grandes réformes politiques, mais la réalisation d’objectifs concrets : le financement public d’un centre social en fait parti, tout comme l’empêchement des Jeux olympiques à Berlin ou la publication de journaux pour sans-abri, grâce auxquels les gens peuvent se financer eux-mêmes et s’exprimer politiquement.

La politique portée par la gauche radicale devrait s’orienter davantage vers ce qui est réalisable, compte tenu du rapports de force. (Malgré toutes nos critiques initiales, la campagne contre les jeux olympiques de Berlin a permis un certain rebrassage et mise en contact stratégique des forces en présence). Les succès obtenus doivent ensuite impérativement être présentés comme les nôtre. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut prendre conscience de sa propre force.

Champ à travailler (Arbeitsfelder) et secteurs d’activité (Teilbereich)#

Les domaines d’intervention, ne peuvent pas être choisis au hasard. Ce n’est pas une vraie décision politique de faire un travail de solidarité sur le pays X parce que « si peu a été fait sur le sujet jusqu’à présent ». La définition des priorités dans le travail politique doit, à notre avis, s’orienter avant tout sur ce qui :

a) est reconnu analytiquement comme point brûlant ;

b) est dans le cadre de nos possibilités ;

c) peut faire avancer un processus d’organisation.

Nous avons longtemps parlé de travailler sur différents thèmes notamment d’aborder davantage la question sociale. Nous avons pu la justifier à deux niveau (la politique de gauche doit être globale pour la société la question sociale est le point le plus brûlant pour presque toutes les personnes qui vivent ici).

Cependant, notre expérience nous a montré qu’un groupe de petite taille doit plutôt se limiter à un ou deux axes de travail. Ceux-ci doivent être d’une nature telle que le groupe puisse acquérir un profil politique. C’est seulement à une telle mise en œuvre qui rend les projets politiques crédibles. Pour nous, qui considérons actuellement l’organisation Antifaschistische Aktion — Bundesweit Organistion(AA-BO)  comme l’approche organisationnelle la plus prometteuse au sein de la gauche radicale non dogmatique, il est évident que la problématique antifa constitue un axe de travail. Il est important de dépasser régulièrement le secteur d’activité et de s’exprimer sur d’autres thèmes. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut passer du concret au général. Les groupes de l’organisation ne peuvent pas se contenter d’attaquer les nazis ou de faire campagne sans thématiser les rapports sociaux dans leur ensemble. Dans le cas contraire, le travail par secteur risque de devenir une impasse.

2) Quels sont les objectifs poursuivis par l’organisation souhaitée ? Quelles sont ses structures ? Comment éviter autant que possible la formation de hiérarchies ? (Comme mots-clés pour la réflexion: « direction » , « cadres », rotation, délégation, principe du porte-parole).#

École collective#

Nous aspirons à une organisation politique, entre autres, pour

a) Être à nouveau perceptibles dans l’espace publique,

b) Pouvoir intervenir en se répartissant le travail,

c) Agir de manière supra-régionale et coordonnée et

d) Présenter une offre politique clairement définie de collaboration.

En plus de ces quatre points, l’organisation visée doit être conçue comme une sorte d’école collective dans laquelle se développent l’engagement, la responsabilité sociale, la solidarité ainsi que des formes de comportement et de conscience émancipatrices. L’efficacité n’est pas pour nous le seul critère décisif, une organisation est plus qu’un instrument de lutte. En ce sens, nous nous distinguons essentiellement des différentes conceptions du parti de la tradition léniniste. Nous sommes d’avis que la libération doit être anticipée par petits bouts dans une organisation révolutionnaire. La culture nécessaire à l’émancipation sociale et politique, par exemple, le changement de comportement au quotidien, doit rayonner à partir de l’organisation. L’organisation doit pouvoir donner à voir, dans les grandes lignes et partiellement, le fonctionnement d’une société libérée.

D’une manière générale, nous sommes favorables à une organisation politique ouverte qui, dans des limites clairement définies, offre une marge d’autonomie et d’initiatives personnelles sur le terrain. L’organisation ne peut et ne doit pas toujours agir de manière totalement uniforme, car les conditions varient d’une région à l’autre. Nous ne voulons pas non plus d’une organisation de membres dans laquelle les « cadavres de cartes de membres » simulent une taille apparente, mais d’une organisation qui se définit par le fait de travailler en commun.

Cela signifie que des groupes locaux capables d’agir, se divisant le travail, ancrés et organisés suivant une auto-contrainte collective, doivent constituer le véritable poids principal d’une organisation.

Contrairement à notre évaluation d’il y a un an, nous sommes maintenant d’avis que l’émergence de tels groupes est plus importante pour le processus d’organisation que la mise en place de structures à l’échelle nationale. Face à un scène ou un milieu de gauche de plus en plus individualiste, il faut souligner que les groupes organisés sont la condition préalable à tout processus social, à toute initiative politique à long terme et à toute discussion sérieuse. Ils ne sont certes pas une garantie de succès, mais ils sont absolument nécessaire. Celleux qui ne s’organisent pas à long terme dans un groupe en assumant la contrainte du travail collectif n’ont pas leur mot à dire sur les structures nationales !

Néanmoins, le travail au sein d’une organisation nationale reste nécessaire pour le processus de développement des différents groupes locaux.

La base liante de l’organisation est constituée par des structures et des méthodes de travail qui ont fait leurs preuves, par des expériences recueillies et réfléchies dans la pratique et par une plate-forme qui se met progressivement en place à partir de discussions de fond. Les décisions prises en commun doivent avoir un caractère contraignant. Dans le cas contraire, aucune force commune ne peut se manifester. En d’autres termes, si les délégués adoptent des positions communes et définissent des activités (et si les groupes locaux n’expriment pas immédiatement après des réserves à ce sujet), tous les groupes doivent également défendre cette ligne à l’extérieur. L’engagement mutuel doit minimalement atteindre ce niveau.

Direction ?#

Considérant la taille de nos bases organisationnelles aujourd’hui, toute « direction » est superflue et politiquement erronée. Les structures doivent toujours se développer sur la base des nécessités. Il est absurde et bureaucratique de réfléchir à mettre en place des organes centralisateurs quand la la pratique politique commune ne les rends pas encore nécessaire.

 A long terme, nous pensons toutefois qu’il serait judicieux de mettre en place un bureau central qui aurait pour tâche de coordonner le travail des groupes et de faire office de bureau de presse. Les personnes qui y travailleraient seraient les porte-parole de l’organisation et seraient ainsi habilitées à prendre position de manière autonome et au sujet de l’actualité  auprès du public.

Nous refusons l’idée de recevoir des « instructions » de la part d’institutions centrales, même dans une perspective à long terme. Certes, les initiatives politiques émaneront inévitablement davantage de ceux qui occupent des positions centrales, mais il est nécessaire d’agir contre cette tendance. La rotation est un principe important à tous les niveaux. Nous sommes en outre favorables à ce que, par exemple, les discussions de groupe locales ne cessent de donner lieu à de nouvelles impulsions supra-régionales.

« Cadres » ?#

Dans chaque groupe, et plus encore dans les structures fédératives, il est inévitable que certain.e.s, pour des raisons de temps, de conviction, d’intérêt, voire en fonction de différences dans leur parcours de vie, travaillent plus intensément et aient plus d’influence que d’autres. Leur voix a généralement plus de poids dans les discussions, les initiatives émanent plus souvent d’eux, un groupe s’oriente autour d’eux. On ne peut vraiment espérer atteindre une égalité totale dans les groupes et les structures.

De telles personnes pourraient, selon nous, être qualifiées de « cadres ». Nous considérons toutefois qu’il est fatal que ces positions soient officialisées en faisant de ces personnes des « cadres dirigeants » ou des « secrétaires généraux locaux ». Pour le processus d’apprentissage collectif au sein d’une organisation, il est essentiel que les responsables puissent toujours être écartés de leurs fonctions. Cela ne signifie pas qu’ils doivent être éjectés du groupe.

Au contraire, nous pensons que les processus d’apprentissage sont très souvent conflictuels. Pour se libérer des schémas d’autorité, il faut aussi pouvoir se « rebeller » d’une certaine manière. De tels conflits sur les structures d’autorité dans les groupes ne signifient pas leur fin, mais ils constituent plutôt la base de l’émancipation au sein des organisations. Les hiérarchies doivent être supprimées de manière ciblée. En assumant des tâches, en accumulant des expériences pratiques et en transmettant des connaissances, tous les participant.e.s doivent, dans la mesure du possible, apprendre à devenir des personnes répondant du groupe et responsable de celui-ci. (Ce sujet est également abordé dans arranca ! n°1).

Rotation et délégation#

Nous considérons que la rotation est un bon moyen pour réduire la division hiérarchique du travail. Certes, tout le monde ne doit pas être capable de tout faire et il doit aussi y avoir des groupes fermés (par exemple, dans un contexte de répression), mais pour le reste, nous pensons qu’il est judicieux que chacun(e) ait déjà assumé les tâches les plus diverses. Il ne faut jamais que dans une organisation de gauche, les uns écrivent des tracts que les autres distribuent. L’année dernière, il nous est cependant apparu clairement que la rotation implique un effort beaucoup plus important, car il faut sans cesse transmettre les expériences et les connaissances. Qui plus est, nous considérons bien sûr que le principe de délégation est judicieux s’il rend le travail plus agréable et plus efficace dans un cadre plus restreint. Se rapporter à des réunions plus larges est toutefois nécessaire pour éviter la rupture (Verselbständigung) face au groupe.

3) Quel pourrait être le processus de formation de l’organisation ?#

Une voie médiane#

Le processus de formation d’une organisation doit trouver un juste milieu entre deux extrêmes.

  • Elle ne doit pas être une création schématique et détachée passant par l’adoption d’une plate-forme et la fixation de structures et de statuts réfléchis autour d’une table composée de « spécialistes éclairés »,

  • ni l’attente collective qu’émerge un contexte révolutionnaire et que celui-ci s’agrège de manière organique. L’émergence de groupes locaux et de structures nationales doit être forcée de façon réfléchie (bewusst). En ce sens, nous considérons que l’idée d’un processus de réseautage progressif n’est pas adapté à la création d’une organisation.

Après une année avec l’Initiativ Linke Organisation (ILO5), nous ne pensons plus qu’un processus de formation d’organisation doive être encouragé en priorité par des discussions au niveau fédéral. L’ancrage régional des groupes locaux doit être au cœur du processus d’organisation. Leur pratique politique doit toujours déboucher sur des initiatives au niveau national. De telles expériences communes, par exemple une campagne contre le FAP6 ou une manifestation nationale contre la criminalisation, rendent les discussions possibles. Celles-ci sont ancrées politiquement, c’est-à-dire qu’il s’agit de réflexions théoriques devenues pratiques. Ainsi, nous croyons que les débats de fond sur des questions fondamentales font partie du processus d’organisation, mais nous ne pensons plus qu’ils puissent être le point de départ. Dans l’Antifaschistische Aktion-BO, cela a été résolu de manière tout à fait positive : en plus de la discussion sur la pratique concrète, en partie différente selon les régions, et des efforts pour des campagnes nationales, il y a, à chaque réunions de travail, des discussions théoriques sur la base de textes à thèses qui circulent entre les membres. Celui-ci est discuté aussi bien dans les groupes locaux que lors des réunions de délégués au niveau national.

4) Comment se présente notre propre travail en public ? Quelle est notre relation avec les médias de masse régionaux et suprarégionaux ?#

(Dans le dossier du numéro 2 d’Arranca, nous avons expliqué en détail pourquoi nous considérons qu’un travail médiatique est absolument nécessaire, même dans les médias bourgeois. Nous le mentionnons ici pour y référer).

5 Quelle est la relation entre notre approche organisationnelle et les groupes de femmes et les groupes migrants ?#

Organisation spécifique#

Par rapport aux groupes de femmes et aux groupes migrants, il ne suffit pas de soutenir une politique d’ouverture. Il doit être clair pour nous que la réticence ou le refus de nombreux de ces groupes repose sur des expériences d’organisations mixtes. L’organisation autonome en tant que migrants ou en tant que femmes n’est pas une scission interne. Plutôt, c’est une forme d’organisation politique autonome qui repose sur l’expérience que les intérêts spécifiques ne sont pas pris en compte dans les structures mixtes ou qu’un développement parallèle n’y est pas possible.

En raison des expériences négatives dans des contextes mixtes, nous sommes favorables à ce que des démarches soient entreprises de notre côté pour aller vers des groupes de femmes et des groupes migrants. Cela signifie chercher le débat, c’est-à-dire la critique des formes d’organisation mixtes et, surtout, se comporter afin d’avoir une pratique active par rapports aux différents rapports d’oppression. Il doit ressortir de notre travail politique que nous combattons tous les rapports d’oppression et pas seulement certains aspects du système existant (par exemple l’exploitation capitaliste). Il est certes un peu malheureux de voir aujourd’hui de nombreux tracts aligner tous les “antis” existants, mais l’intention qui se cache derrière cette pratique maladroite est la bonne : notre lutte a de nombreuses racines, de nombreux obstacles, de nombreux adversaires. Dans ce contexte, nous pensons qu’il est clair qu’une organisation politique doit pouvoir être contactée pour offrir son soutien, et ce même si les enjeux politiques entourant ce soutien sont formulés par d’autres.

  • Les organisations devraient offrir des règles ou des garanties pratiques aux groupes non-mixtes. Ce n’est qu’ainsi que l’on pourra peut-être un jour regagner la confiance perdue :

  • S’ils sont souhaités, l’organisation autonome au sein d’une organisation politique et les quotas devraient être possible et aller de soi ; ils n’ont pas besoin d’une raison extérieure.

  • Les textes doivent être rédigés en différentes langues.

  • Dans une organisation, une compensation financière doit être mise en place pour soutenir les personnes défavorisées (clandestins, femmes moins bien payées, etc.)

  • Lorsqu’on travaille avec des personnes migrantes, il doit être clair qu’une action antinazie peut entraîner leur expulsion, ce qui signifie que les personnes titulaires d’un passeport de la zone euro doivent, le cas échéant, assumer leurs tâches.

  • Les femmes doivent pouvoir décider entre elles si un homme par lequel une femme se sent menacée doit être exclu des structures mixtes.

  • Nous devons tenir compte, lors de la construction d’une organisation, des expériences vécues par les femmes et les migrants (femmes pendant les guerres de libération qui ont ensuite été « autorisées » à retourner au foyer ; migrants partisans français qui ont été littéralement vendus par la direction du parti communiste, etc.) et surtout les transmettre aux nouvelles personnes moins politisées.

6 Quelle est l’importance du contexte international dans notre approche ?#

Démystification des « figures de chefs»#

La libération ne peut pas être un projet national. Tant que les gens seront emprisonnés, il n’y aura pas d’îlots de bonheur. En raison des rapports d’exploitation internationaux, nous ne pouvons pas nous limiter, en tant que gauche, à faire de la situation ici en RFA un thème isolé. De plus, la mondialisation du marché mondial et les nouveaux moyens de communication ont conduit à l’échec des projets politiques qui se limitent aux frontières nationales. Il est donc évident que l’internationalisme doit être un élément porteur de notre organisation.

Nous ne voulons pas répéter la relation non-critique que de nombreux gauchistes ont entretenu et entretiennent encore avec les mouvements de libération du Tricontinent. La coopération internationale exige les même conditions de collaboration que dans son propre pays : honnêteté, participation aux discussions, critique et, si les projets ne sont pas compatibles, rupture. Dans le travail de solidarité avec l’Amérique centrale, le FMLN et le FSLN7 ont été acclamés, alors que les discussions internes à ces groupes n’a pas été suivie avec attention et que la social-démocratisation de grandes fractions était ignorée. Il en va de même pour la Palestine, la solidarité avec le Kurdistan, les relations avec les États socialistes réels. La gauche de la RFA n’a cessé de se chercher des « figures de chefs » forts auxquels elle pouvait s’accrocher. Les arguments contre cette tendances ont été qualifiés de « chauvinisme métropolitain », on a reproché le « manque de solidarité ». Nous voyons certes le danger du « chauvinisme métropolitain », mais nous rejetons également le soutien non critique à tout ce qui semble anti-impérialiste ailleurs.

Bien entendu, nous devons accorder de l’importance aux critiques à notre égard, voire les revendiquer. De plus, la position désormais largement répandue selon laquelle tout nationalisme de libération ne mérite pas d’être soutenu nous semble également erronée. De nombreuses organisations nationalistes anti-impérialistes dans le Tricontinent (par exemple au Kurdistan) ou dans la périphérie (le pays basque, l’Irlande du Nord) continuent de représenter des fractions du peuples parmi les plus progressistes et sont les garantes d’une politique antiraciste et socialiste sur place.

En ce sens, nous devons chercher la coopération internationale dans différents mouvements et organisations. Ceci se fait en fonction des conditions diverses, il peut s’agir aussi bien d’entraides communautaires que de travail avec des syndicats, des organisations politiques ou bien de supports à des guérillas. La question essentielle est de savoir dans quelle mesure une discussion politique est possible. Ni l’anti-impérialisme ou l’anticapitalisme ni le fait de partager quelques orientations de base ne sont des critères qui seuls sont suffisants. 

Le fait qu’il existe différentes conceptions du nationalisme est désormais bien connu et devrait continuer à être discuté.

7) Comment les personnes moins politisées peuvent-elles être impliquées dans le processus d’organisation ?#

Davantage de « conscience de notre mission » (Sendungsbewusstsein)#

Pour nous, l’intégration de nouvelles personnes représente une base de notre travail. L’ouverture aux autres et le désir de s’organiser avec d’autres sont indispensables à notre succès. Pour cela, la gauche doit se présenter dans le monde avec un « conscience de sa mission » plus grande, avoir un aspect plus « missionnaire » que ce qui est courant dans les milieux autonomes.

Concrètement, il faut avoir une présence tournée vers l’extérieur, une adresse pour nous contacter connue du public, il faut faire des entretiens d’introduction avec les personnes intéressées, etc. Tout cela est nécessaire.

Il ne suffit cependant pas de proposer théoriquement la collaboration à de nouvelles personnes. Il faut leur donner la possibilité de s’impliquer activement dans le travail et de s’épanouir. C’est pourquoi la seule possibilité de participation à des réunions ne suffit pas.

En principe, il faut éviter la formation de hiérarchies dans les groupes entre les personnes expérimentées et celles qui ne le sont pas. Ainsi, les nouveaux venus, mais aussi les membres « plus âgés » du groupe doivent être prêts à apprendre, à transmettre leur savoir, à accepter et à partager les critiques. Il est également important de tenir compte des différents caractères des personnes. Tout le monde n’apprend pas à la même vitesse, tout le monde ne s’intéresse pas à la même chose, et surtout, tout le monde ne veut pas la même chose d’un groupe : chez certains, c’est le désir de lien social qui prévaut, chez d’autres, ce sont les objectifs politiques. Les deux sont nécessaires.

Aussi, nous pensons qu’il est important qu’un groupe politique se sente responsable des problèmes quotidiens. Par exemple, si un jeune de chez nous n’obtient pas de place pour une formation professionnelle, le conseil « organise-toi contre le capital et lutte » n’est d’aucune aide. En tant que personnes politiques, nous devons aussi essayer de gérer des problèmes concrets pour ceux qui nous sont proches. La confiance dans le fait que l’organisation fait réellement avancer les choses s’accroît souvent davantage avec de petits succès de ce genre qu’avec des manifestations dont le résultat reste peu concret pour les participants. C’est justement lorsque les gens commencent à s’organiser qu’ils cherchent plus qu’un simple accord sur les analyses politiques.


« (…) Je connais bien sûr très peu la réalité en RFA. Mais ce qui me paraît le plus important, c’est que la gauche fasse davantage avec la population, qu’elle cesse de parler des « gens normaux » comme si ils étaient extérieurs et qu’elle se reconnaisse enfin comme faisant partie de cette société ; cet argument selon lequel il faut se démarquer pour être de gauche me semble totalement insensé.

D’autre part, la gauche est désorganisée. Cela a des avantages et des inconvénients. L’autonomie de la gauche ouest-allemande lui a donné une grande vitalité__, elle ne s’est pas effondrée lorsque le socialisme réel est tombé.  C’est très positif. Indépendamment du fait que son nombre soit grand ou non, la gauche ici est vivante. La taille n’y joue qu’un rôle secondaire.

Le côté négatif, c’est l’éclatement en petits groupes disparates; La gauche de la RFA est très sectaire, même les autonomes. La question est donc de savoir comment maintenir cette autonomie multiple tout en rassemblant les forces autour d’objectifs communs.

Vous devriez apprendre à aller de l’avant avec les différences, tout en travaillant en étroite collaboration. Si vous y parveniez, ce serait une synthèse assez intéressante. »

– Citation tirée de l’interview avec Eleuterio Ferncindez Huidobro, membre des Tupamaros de l’Uruguay, dans Arranca


  1. Lorsque je nommerai « l’autonomie », il sera question de l’autonomie allemande qui voit le jour dans les années 1980 et non pas de « l’autonomie ouvrière » des années 1970. Si en Italie on parle d’un passage à l’« autonomie désirante » et encore en faisant preuve d’un certain réductionnisme, en Allemagne, c’est sous le nom d’« autonomie » sans adjectifs qu’on désigne un mouvement en partie contre-culturel qui apparaît dans les années 1980 ↩︎

  2. Ce mouvement citoyen fût victorieux. Peu de centrales nucléaires ont été construites en Allemagne. Ceci explique également et en partie l’usage du charbon pour la production de l’électricité. ↩︎

  3. Pour en savoir plus sur l’autonomie, on lira en traduction anglaise Fire and Flames de Geronimo disponnible en libre-accès sur libcom Fire and Flames ↩︎

  4. Petit nom pour la tendance spontanéiste apparue en Allemagne à la fin des années 1960. ↩︎

  5. Il s’agissait d’une initiative large d’organisation de gauche lancé entre-autre par le groupe FeLS (Für eine Linke Strömung) qui dirige la publication Arranca. Le groupe expose dans le même numéro les raisons ayant mené à l’abandon de leur propre projet. ↩︎

  6. Le Freiheitliche Deutsche Arbeiterpartei (FAP) est Parti néo-nazi allemand fondé en 1979 et interdit en 1995. ↩︎

  7. Organisations de gauche au Salvador et au Nicaragua. ↩︎