Correspondances allemandes. Vous ne nous prendrez pas à la guerre ! (1/4)

Traduction de Ihr kriegt uns nicht ! de la Interventionistische Linke (IL)

Partie 1/4

Introduction

Regarde devant, c’est la guerre et beaucoup veulent s’y rendre. Nous non. Soudain, la guerre serait la nouvelle paix, et la paix, la nouvelle guerre. Soudain, tout est différent de ce qui était le cas hier. Aujourd’hui, les choses semblent déformées. Elles sont de travers.  Et c’est pourquoi elles sont fausses.

Nous nous battons et nous luttons contre la guerre. Nous nous battons et nous luttons pour la vie, car ceux qui veulent la guerre, veulent détruire la vie des autres. Nous voulons permettre à tous·tes de vivre dans la dignité et le bonheur. Le document que tu regardes, en moment, devant toi, n’est qu’une petite partie de ce combat.

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Faut-il répéter les même mots ou en utiliser d’autres ? Brève d’exercice et de récupération.

publié à la base sur mtlcontreinfo.org

On fait constamment l’objet d’une récupération. Par le passé, j’aurais utilisé la notion de Spectacle, mais plus le temps avance, et plus je me dis que c’est aussi le propre de chaque fois qu’on prend la parole d’être mécompris.e, c’est une fonction du langage.

Cette mécompréhension est constitutive de l’échange, du dialogue, du débat, sans quoi ce on pourrait clarifier nos positions une bonne fois pour toute et les suivre. On connaît l’histoire, des tendances s’imaginent pouvoir enfin parvenir à un accord sur des principes simples et puis soudainement, ça capote, on s’entend plus, chaque mot renferme une Boîte de Pandore. Souvent, on en cherche la cause dans le marécage de l’interpersonnel ou de la mauvaise communication, mais c’est aussi plus profond. On peut pas tout dire, s’entendre vraiment, sans quoi le momentum est passé.

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L’autonomie habillée. Brève contre mes paroles magiques.

publié à la base sur mtlcontreinfo.org

M’intéresse le rapport aux mots qu’on sème, ceux qu’on lance dans ces moments dits informels, car ils nous informent, justement.

Des mots qui ont un poids : il faudrait, on doit…

«Il faudrait faire l’inverse de qu’on faisait jusqu’alors, car ça ne fonctionne plus» ou bien « on doit continuer, car la prochaine fois avec un autre contexte et d’autres personnes…»

Il nous faudrait surtout un peu de vocabulaire.

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Pour l’épuisement et l’éparpillement. Brève d’anticipation suivie du répondeur.

publié à la base sur mtlcontreinfo.org

Il faut toujours voir au-delà, prendre tout pour une fenêtre.
– Roland Giguère, 1950

Qu’on l’annonce froid ou chaud, mai fera des épuisé·es et des éparpillé·es. Par vingt-milles groupes signal, en suivant le calendrier infini ou par l’angoisse, on s’épuise, on s’éparpille: tout ça, c’est dans l’air du temps.

Au camp Al-Aqsa, une militante m’avait confié ne pas comprendre cette tendance répandue de se plaindre d’être fatigué·e en début de réunion. Être épuisé-e avant même que ça commence ? C’est curieux, démotivant – geignard qu’elle disait. Mais l’épuisement peut avoir sa place. Il sonne l’alarme : faisons un repli stratégique ! Or, lorsque ce sentiment se fait rengaine et défaite, lorsque que nous réduisons notre participation à un acte de présence, ne nous étonnons pas de trouver répétition et échecs dans tout ce que nous entreprenons.

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Entendre l’écho de ma chambre. Brève pour le camarade HN

publié à la base sur mtlcontreinfo.org comme réponse au post-scriptum du texte Écho d’un débordement

Cher camarade-scribe HN,

J’ai bien reçu ton écho. Je suis heureux de voir la multiplication des contributions des derniers temps sur Montréal Contre-info. J’aimerais réagir au Post-scriptum sur le corps révolutionnaire qui me semble «habité» par des contradictions.

Ayant moi-même flirté avec l’ivresse de ma disparition subjective en une forme-de-vie, je ne peux m’empêcher d’opposer le principe de réalité aux idées de «sortie de l’identité» ou aux théories qui essaient de «dépasser» le sujet par des constructions langagières ou théoriques. Le concept de «corps révolutionnaire» me semble être une contradiction dans les termes et en ce sens une impasse. Je vais indiquer mes références aux paragraphes cités en commençant à partir du titre de la section pour faciliter la lecture de la critique.

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Qu’est-ce que je fais ici ? Brève d’intention

publié à la base sur mtlcontreinfo.org

Là, sur ce blog. Ailleurs dans les lieux-structures-milieux-campus-groupchats. Un peu partout, éparpillé à essayer de me ramasser entre l’agir et les mots.

Le déclencheur est la question des infrastructures, celles qui parfois achoppent, celles qu’on s’évertue à mettre sur pied pour accueillir, pour recevoir les masses, les ami-es, les complices en crime, le quartier, le prolétariat-en-tant-que-classe, name it

Mais, sans en sentir le besoin pour soi ou en faire une pratique qui nous anime, en les traînant sur nos dos ces grandes coquilles-vides, ne finit-on pas nous-même un peu vides, mort en dedans, à l’image de nos demeures?

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L’insu qui vient. Brève pour une tendance à l’action précoce.

publié à la base sur mtlcontreinfo.org

Or, il s’agissait d’une vigile à un autre moment ça aurait pu être un rassemblement ou un campement.

Des choses qui ont besoin de leur temps pour que les sujets qui en font leurs expériences puissent passer à la colère, qui n’est d’ailleurs pas la première étape du deuil, bien qu’elle peut survenir en premier.

Fallait-il avoir peur d’établir du rapport pour immédiatement en venir au fait et à sa propagande? Car avant d’être l’affaire de la révolte in abstracto il faut qu’elle soit celle qui habite les corps, qu’elle sache se faire dans un proximité qui n’est pas le passage à l’acte. Peut-être qu’elle était en son temps, peut-être que le fait de l’avoir agit si tôt ne lui a pas laissé le temps…

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Annonce de la mort de Première ligne

Première ligne a vécu de l’été 2023 à la fin de l’automne 2024. Pour consulter les anciens numéros de la revue, on cliquera ici

Lors de la rencontre extraordinaire du 3 novembre 2024, les membres de Première ligne ont adopté une résolution actant la dissolution de notre organisation et l’annonce publique de celle-ci.

En tant que véhicule et outil pour la lutte, notre organisation n’était plus en mesure de remplir la fonction et la vocation qu’elle s’était donnée au moment de sa fondation. Après avoir tenté de reconfigurer la forme et la fonction de notre organisation, nous en sommes arrivé·es à la conclusion que la dissolution de l’organisation constituait la décision la plus à même de permettre à chacun.e de ses membres et au groupe en lui-même de poursuivre et investir de manière optimale ses efforts dans la lutte.

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Quelles configurations pour une « bonne discussion » ?

Publié à la base dans le numéro 4 de la revue Première ligne

« Comment en sont-ils venus à se parler ? » Cela la fit rire :
« N’est-ce pas naturel ? » − « Je le pense aussi ; pourtant, je crois qu’il y avait une autre raison et qu’à cause de cette raison, ce qui rendait les paroles naturelles les rendait aussi très difficiles. »
– Maurice Blanchot, L'Attente, l'oubli, p. 129-130

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Correspondances allemandes. Sept questions sur le processus d’organisation.

Publié à la base dans le numéro 4 de la revue Première ligne

Le projet a la base de ce texte, Correspondances allemandes, a débuté un an avant Première ligne. On voulait traduire des récits, des archives, des textes de réflexion et faire l’histoire de tout un corpus militant qui demeure encore aujourd’hui peu diffusé autour de nous.

Pourquoi l’Allemagne ? Parce qu’on connaissait la langue, tout simplement. On s’est dit qu’au sein de l’extrême-gauche, la traduction devrait être chose courante, une affaire banale : il n’y a rien de mieux pour appréhender l’impensé de notre propre tradition que de la confronter à une autre. Et puis, il serait temps que les militant·e·s au Québec se confrontent à d’autre chose qu’aux traditions françaises et canadiano-américaines − répétées et combinées en alternance, rejouant un schéma de pensée natio de façon un peu obsessive − et amènent dans l’espace de la discussion des réalités qui nous sont méconnues.

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