Publié à la base dans le numéro 4 de la revue Première ligne. Une traduction du document suivant : Thesen zur Autonomen bewegung (1981)

  1. Nous nous battons pour nous-mêmes, d’autres se battent aussi pour eux-mêmes, et ensemble nous sommes plus forts. Nous ne menons pas de guerres par procuration. Ce qui importe c’est une « participation personnelle », une politique à la première personne. Nous ne luttons pour aucune idéologie, ni pour le prolétariat ni pour le peuple, mais pour une vie autodéterminée dans tous les domaines, sachant que nous ne pouvons être libres que si tous les autres le sont aussi !

  2. Pas de dialogue avec le pouvoir ! Nous ne faisons que poser des exigences auxquelles le pouvoir peut ou ne peut pas répondre.

  3. Nous ne nous sommes pas rencontrés à propos du travail ou de l’usine ; le travail est pour nous un état d’exception. Nous nous sommes rencontrés par le biais de la musique punk, des bars branchés et des autres sous-cultures.

  4. Nous avons tous en tête un « anarchisme diffus », mais nous ne sommes pas des anarchistes traditionnels. Certains d’entre nous considèrent le communisme/marxisme comme une idéologie de domination et d’ordre ; il veut l’État, mais pas nous. D’autres pensent qu’il existe un véritable communisme, qui a seulement été falsifié à maintes reprises. Nous sommes d’accord sur le fait que tous ont de grandes difficultés avec le terme de communisme en raison de leurs expériences avec les groupes K, la RDA (République Démocratique Allemande), etc.

  5. Pas de pouvoir pour personne ! Pas non plus de « pouvoir ouvrier » ou de « pouvoir populaire » ou de « contre-pouvoir ».

  6. Nous n’avons rien à voir avec la scène alternative sur le plan du contenu, mais nous sommes prêt·e·s à utiliser les structures et les moyens techniques de la scène alternative. Nous sommes conscient·e·s que le capitalisme crée ici un nouveau cycle secondaire du capital et du travail, aussi bien comme champ d’emploi pour les jeunes chômeurs que comme champ d’expérimentation pour résoudre les tensions sociales et les problèmes économiques en suspens.

  7. Nous ne sommes pas d’accord sur le fait de savoir si nous sommes une révolte ou si nous voulons une révolution. Certains veulent une révolution permanente, les autres pensent que l’on peut tout aussi bien appeler cela une révolte permanente. Pour eux, la révolution est un point fixe à partir duquel le royaume de la liberté est censée exister. Et selon eux, cela n’existe pas. La liberté, c’est plutôt le bref moment où le pavé quitte la main jusqu’à ce qu’il touche le sol. Nous sommes d’accord sur le fait que nous ne voulons d’abord que détruire, casser, ne pas nous formuler positivement.

  8. Nous n’avons pas d’organisation en soi. Nos formes d’organisation sont toutes plus ou moins spontanées. Le conseil des squatters, la chaîne téléphonique, le plenum des autonomes, et beaucoup de petits groupes qui se réunissent soit à court terme pour faire quelques actions lors de manifestations, etc. et des groupes à plus long terme qui font des choses comme radikal, Radio Utopia ou qui font des actions tout à fait illégales. Il n’y a pas de structures fixes comme des partis, etc. ni de hiérarchie. Le mouvement n’a pas encore produit de personnalités comme Negri, Dutschke, Cohn-Bendit, etc